Pourquoi le fait d’avoir à prendre la parole en public nous fait-il peur ? Répondre à cette question est essentiel à mes yeux pour construire une formation qui permette de réellement progresser dans ce domaine. Sans cette connaissance, animer une formation à la prise de parole en public c’est comme traiter une maladie en s’attaquant aux symptômes mais en sans en chercher la cause. L’équipe de Sciences News Today a publié une très intéressante explication tout à la fin de l’année dernière. Je vais vous la présenter ici.
* L’appartenance sociale : un gage de survie
Selon cet article tout vient de nos ancêtres les hommes préhistoriques. Pour eux l’appartenance à un groupe était une garantie de survie. En effet l’environnement dans lequel ils évoluaient était pour le moins hostile. En conséquence être intégré à un groupe, faire partie d’une équipe ou d’une tribu permettait de chasser à plusieurs, de se protéger mutuellement, de se répartir les tâches. Bref, appartenir à un groupe était critique pour sa survie personnelle
Pour cette raison le cerveau a développé une capacité extraordinaire qui nous permet de détecter l’approbation ou la désapprobation, le jugement, la sympathie ou l’antipathie et cetera chez nos congénères humains. Cette capacité a permis au cours des siècles des adaptations comportementales permettant l’intégration ou le maintien dans un groupe. C’est en détectant l’approbation ou la désapprobation chez les autres que nous comportements s’adaptent.
Ces mécanismes qui sont ancrés en dans nos cerveaux font que, prendre la parole devant les autres est souvent ressenti comme une menace sociale, comme le prélude à une possible exclusion du groupe. En fait, la crainte de prendre la parole en public n’est finalement qu’un instinct de survie, une alerte qui nous rappelle qu’être exclu d’un groupe était porteur d’un risque vital. Et qui dit danger dit mise en œuvre des stratégies de défense : le cerveau sécrète les hormones du stress, adrénaline et cortisol, ce qui augmente le rythme cardiaque, accélère notre respiration et augmente notre pression artérielle. Bref, notre corps se prépare à affronter un danger. Tout cela s’accompagne de ce que nous connaissons comme étant les signes de stress : mains tremblantes voix chevrotante, bouche sèche et cetera
Une conscience de soi accrue
À ces phénomènes s’ajoute une conscience de soi accrue. En prenant la parole en public, nous avons conscience augmentée, voire exacerbée, de nos erreurs, de nos hésitations, de nos trous de mémoire. Au lieu de nous concentrer exclusivement sur notre message une part non négligeable de notre attention se concentre sur nous, sur ces erreurs… ce qui accroît nos trous de mémoire et nous fait faire encore plus d’erreurs.
Les conséquences en sont que nos erreurs appellent d’autres erreurs alors que nous nous efforçons en vain d’atteindre une forme de perfection.
Que tirer de cela pour la construction d’un parcours de formation efficace à la prise de parole en public ? C’est évidemment une question essentielle pour le formateur que je suis mais finalement aussi pour le futur participant à une de mes formations.
* Une atmosphère sécurisante
La première chose que je souhaite faire dans mes formations c’est de créer une atmosphère sécurisante une ambiance bienveillante. Dans mes formations, le risque d’être exclu du groupe, de la tribu et de se retrouver en danger n’existe pas. Cette peur doit disparaître. Ainsi la vidéo n’est utilisée qu’avec l’accord des apprenants et jamais le premier jour, jamais avant que la confiance entre les participants ne se soit installée.
* Des débriefings positifs
Nos parcours scolaires et universitaires se sont appuyés sur la mise en évidence de l’erreur et de la faute. Rappelez-vous : en dictée on partait de 20 et chaque faute nous enlevait des points jusqu’à obtenir des notes négatives avec certains de nos enseignants. Dans ma formation il y a une règle essentielle, incontournable, obligatoire : avant de souligner ce qui pourrait être amélioré, on met en évidence ce qui a été réussi, ce qui a marché, ce qui est positif. Ce n’est pas artificiel et c’est bien plus facile que son que l’on croit : « ta voix est claire », « tu as réussi à sourire », « ta posture était rassurante » et cetera sont autant de compliments réels et sincères qui sont faciles à trouver pour peu que l’on réfléchisse non pas à ce qui n’a pas été mais à ce qui a fonctionné lors d’une intervention orale.
Après avoir souligné les points positifs on peut évoquer les points à améliorer. Et seulement maintenant !
* Gérer le stress
Le trac peut être présent lorsque l’on prend la parole en public même avec une grande habitude On l’a vu, c’est notre instinct de survie qui le fait apparaître. Même avec une longue pratique, il peut réapparaître à la première occasion. Il est donc nécessaire d’apprendre à le gérer à l’accepter et à faire avec en gardant à l’esprit que, s’il est présent, il ne doit pas être perçu par l’auditoire. Pour le dire autrement, le stress ne se combat ne se combat pas il s’apprivoise. Des outils et des techniques existent et sont abordés dans ma formation.
* Non à la perfection
Enfin il y a une chose contre laquelle je lutte avec énergie avec mes apprenants : la quête de la perfection. Bien sûr, il y a des choses qu’il faudrait faire, d’autres choses qu’il ne faudrait pas faire, des postures à adopter, d’autres postures à éviter. Mais l’erreur, les quelques secondes durant lesquelles nous cherchons nos mots, une hésitation, une gestuelle inadaptée pendant quelques instants ne sont pas graves. Au contraire, ils nous rendent humains. Ils attirent la sympathie de notre auditoire et bien gérées elles permettent même de rattraper une attention qui pourrait s’échapper à un moment ou à un autre.
Évidemment il y a bien d’autres choses dans ma formation prendre la parole en public avec assurance pertinence et adaptabilité pour en savoir plus vous pouvez jeter un coup d’œil au programme ou mieux prendre quelques minutes pour en parler avec moi. Petit rappel : cette formation est éligible au CPF.








